Mon Labo
La radio, c’est aussi un moyen de bricoler. Certes, on trouve tout (et de belle qualité) dans le commerce, et il est vrai que le matériel moderne n’est pas toujours réparable pour un novice. Mais bricole‑t‑on pour combler un vide dans l’offre du commerce ou pour payer moins cher ? Non ! On bricole pour le plaisir de faire, de comprendre, d’expérimenter, et de pouvoir tester ses réalisations sur les bandes. C’est un plaisir, une passion.
J’ai donc décidé de me monter un petit labo : pas le plus complet ni le plus sophistiqué, mais un labo qui répond à mes besoins d’aujourd’hui. Je vous livre ici mes choix et les raisons qui les motivent.
OSCILLOSCOPE: SDS 1202X-E de chez SIGLENT

Pourquoi ce choix ?
Comme dans tout projet, le QSJ entre en ligne de compte. Il me fallait un oscilloscope capable de travailler sérieusement en radio, sans entrer dans les budgets stratosphériques du matériel purement métrologique. L’objectif était clair : trouver un appareil à bon prix, sans trop rogner sur la précision des mesures ni sur le confort d’utilisation au quotidien. Sur ce créneau, Siglent est particulièrement bien placé, avec une gamme « milieu de gamme » qui offre déjà des performances très honorables pour un labo de radioamateur exigeant.
Par rapport à un oscilloscope de référence haut de gamme, le Siglent concède surtout de la précision absolue : amplitude un peu moins juste, base de temps un peu moins fine, résolution verticale limitée à 8 bits et fidélité légèrement inférieure sur les signaux très rapides. Sur le papier, un Keysight ou un Tektronix moderne avec ADC 10 ou 12 bits fera mieux en métrologie pure, notamment pour quantifier des petits écarts ou des fronts extrêmes. Dans la pratique d’un OM, qui travaille majoritairement en BF, FI, alimentation, logique et modulation, cette différence reste pourtant très marginale : on voit les défauts, on mesure ce qu’il faut et on peut documenter proprement ses montages.
Le Siglent fait donc clairement le job, d’autant que ce modèle offre 200 MHz de bande passante. C’est un bon compromis : largement suffisant pour toute la HF, le 50 MHz, l’analyse des FI, des horloges numériques rapides et des transitoires des alimentations à découpage, tout en restant dans une enveloppe financière raisonnable. À cela s’ajoute tout le confort des oscilloscopes numériques modernes : fonctions d’auto‑réglage, mesures automatiques, mémorisation des formes d’onde, FFT, décodage de bus série, capture sur clé USB… Autant de petits plus qui, au quotidien, font gagner du temps et rendent l’analyse plus pédagogique, notamment quand on veut illustrer un article de blog.
Au final, ce Siglent répond, à mon avis, à environ 90% des besoins réels d’un radioamateur qui fait un peu plus que du simple trafic : mise au point de montages, dépannage de transceivers, optimisation d’alimentations, expérimentation autour de la modulation et de la FI. Le 10% restant relève davantage de la métrologie RF avancée, domaine où l’on bascule de toute façon sur des instruments bien plus spécialisés (analyseur de spectre, générateurs de labo, oscilloscopes très haut de gamme).
MULTIMETRE: METRIX MX 553

Si il y a un appareil indispensable et qui est le plus souvent utilisé c’est bien le multimètre.
Pourquoi ce choix ?
Je voulais disposer d’un véritable multimètre de table, pour gagner en confort de lecture et d’utilisation au quotidien sur mon banc de mesure.
Posé en permanence sur mon établi, avec un grand afficheur bien lisible, il me permet de garder un œil sur les valeurs importantes pendant que j’ai les mains occupées par les cordons, le fer à souder ou l’oscilloscope. Sur des séances de bricolage un peu longues, je ressens vraiment la différence de confort par rapport à un petit multimètre portable.
Je tenais aussi à avoir une vraie mesure TRMS, aussi bien en AC qu’en AC+DC. En radio comme en électronique d’alimentation, je tombe rapidement sur des signaux qui ne sont plus de jolis sinus : sorties d’alimentations à découpage, signaux audio modulés, tensions redressées mais mal filtrées, etc. Avec un simple mode “AC moyen”, les valeurs peuvent être trompeuses, alors qu’en TRMS j’ai une mesure beaucoup plus représentative de ce que voient réellement les composants de mes montages.
Sa résolution de 50 000 points me apporte un vrai plus pour les mesures fines. Je peux suivre de petites variations de tension (offset, dérive thermique, chute dans un régulateur, différence entre deux étages), et je vois beaucoup mieux l’évolution d’un réglage lors d’un alignement. Pour moi, c’est un bon compromis : j’ai une lecture précise et confortable sans entrer dans le domaine des instruments de métrologie inaccessibles au budget d’un amateur.
Au final, j’ai choisi ce multimètre de table parce qu’il coche toutes les cases importantes pour mon labo de radioamateur : lisibilité, vrai TRMS, résolution confortable et ergonomie bien adaptée à un usage intensif sur l’établi. De plus d’occasion on le trouve au prix d’appareil neuf de gamme inférieur.


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